Un opéra qui fait rire, ça existe ?

Bailler devant un opéra, ça vous est déjà arrivé et plus d’une fois. Avec cette version du King Arthur, le seul risque que vous prenez, c’est celui de rire.

C’est un soir, tard (ou tôt, ça dépend comment on voit les choses), que je tombe sur un opéra sur France 2. D’ailleurs en passant, merci à France Télévisions de proposer à ses téléspectateurs mélomanes insomniaques de quoi les divertir.

Voyons un peu ce qui est au programme ce jour-là… Tiens, belles voix  de choeur, bon son d’orchestre. Mais… que fait Dino sur scène ? Shirley et Dino dans un opéra ? Euuuh… oui ?

Contre toute attente, bien qu’on ne soit pas forcément fan de ce duo comique, on ne peut que rester scotché à la TV.

L’orchestre aux multiples casquettes

En 2008, le Concert Spirituel (dans sa configuration choeur et orchestre) a collaboré avec Corinne et Gilles Benizio pour tenter de dépoussiérer le genre lyrique dans cette adaptation du célèbre semi-opéra d’Henry Purcell.

Source vidéo : youtube.com/user/LeConcertSpirituel/

Dans mes précédents articles, j’ai souvent parlé de cet orchestre,surtout spécialiste de la période baroque en France, ainsi que de son chef d’orchestre. Aujourd’hui, vous découvrez à travers cette vidéo à quel point ces musiciens sont surprenants, nous amenant là où jamais nous n’aurions soupçonné aller en leur présence.

Comment en sont-ils arrivés là (les pauvres !) ?

C’est en sortant d’un des spectacles de Corinne et Gilles Benizio (alias Shirley et Dino) qu’Hervé Niquet décide d’aborder Gilles en lui demandant s’il accepterait de mettre en scène un opéra. Il acquiesce tout de suite ! Après l’accord du directeur de l’Opéra de Montpellier (et celui de Corinne, ne l’oublions pas), le choix fut porté sur King Arthur de Purcell. Corinne et Gilles, fans de cette époque et des grands personnages celtiques, n’en étaient que plus ravis.

Par la suite, le parti pris du chef d’orchestre a été de conserver seulement la musique de Purcell qui ne représente qu’un tiers de l’oeuvre originale et de laisser de côté le livret du dramaturge John Dryden avec lequel le compositeur anglais a souvent collaboré. Hervé Niquet a donc réinventé une histoire du règne d’Arthur autour des fragments musicaux du semi-opéra, en y incorporant de petits intermèdes remplis d’humour.

 Finalement, c’est réussi ou pas ?

Je ne vous le cache pas, on déteste ou on adore ! Pour ma part, je crois que vous l’avez deviné, je l’ai déjà regardé plusieurs fois. Je ne me lasse pas de ce régisseur incarné par Dino qui va de gaffe en gaffe, entrainant Hervé Niquet dans sa drôle de folie, de cette soprane perchée à 4 mètres du sol et de ce chœur zozotant en pleine forêt obscure. Et tout cela dans le respect de la somptueuse musique de Purcell.

Alors ? Etes-vous choqué ou amusé ?

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