Les Aventuriers de la Messe perdue

Colossal, monumental, « cathédralesque entreprise », puissance, expérience inoubliable, rêve de jeunesse, partition extraordinaire, prouesse, fourmillement sonore, un vrai délice, un vrai délire !

Voici les termes utilisés par les auditeurs de cette œuvre géniale de la Renaissance (attendez, ne partez pas !) qu’est La Messe à 40 voix d’Alessandro Striggio, ressortie des archives de la Bibliothèque Nationale par Dominique Visse, célèbre contre-ténor, qui retranscrit et offrit alors la partition à Hervé Niquet.

Le rêve du chef d’orchestre de monter ce petit bijou méconnu se réalisa lors des 25 ans du Concert Spirituel.

Messe à 40 voix de Striggio par le Concert Spirituel d'Hervé Niquet
« Bon Dieu qu’c’est beau ! » – Hervé Niquet parlant de la Messe à 40 voix

En quoi est-ce si fabuleux ?

C’est comme trouver un trésor enfoui dans la terre depuis des centaines d’années. C’est à la fois tout « nouveau », tout beau et un témoignage du passé. Et puis la réalisation est des plus abouties. Le travail des ingénieurs du son y est remarquable, mettant ainsi en valeur la qualité presque divine de la partition et de l’interprétation.

Le CD, accompagné d’un livret très riche, a été enregistré à la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence où l’œuvre fut sans doute créée (à écouter en cliquant sur le lien).

Le DVD propose la vidéo du concert, suivie d’un documentaire : « Les Aventuriers de la Messe perdue » qui revient sur la merveilleuse découverte de la partition.

Source vidéo : youtube.com/user/LeConcertSpirituel/

Alessandro Striggio

Comme le dit si bien Hervé Niquet : « On n’en sait trop rien qui était ce monsieur, ni ses humeurs, ni sa façon de s’habiller ».

Messe à 40 voix d'Alessandro Striggio par le Concert Spirituel d'Hervé NiquetIl serait né à Mantoue, non loin de Florence en Italie, vers 1540 et serait mort à 50 ans environ.
A 23 ans, il aurait décidé de devenir musicien au service du duc Côme Ier de Médicis et de se faire rémunérer pour ses services. C’est là tout le paradoxe de Striggio. En effet, étant noble, riche et courtisan de la cour, il avait reçu une éducation musicale dans sa jeunesse mais rien ni personne ne le poussait à en vivre, surtout que cette activité le liait au duc tel un serviteur.
Pourquoi donc vouloir ce statut de musicien dépendant ? La passion peut-être. Suivre ses envies et être acteur de sa vie sans doute.

Plus de quatre siècles plus tard, après avoir été tiré de l’oubli,  le monde moderne découvre « un des hauts génies de la musique occidentale » selon Hervé Niquet.

Des notes !

Si vous voulez avoir une idée de ce que représente une œuvre à 40 voix soit 5 chœurs de 8 voix chacun (le compte est bon), voici la partition de Ecce Beatam Lucem d’Alessandro Striggio.

Ecce Beatam Lucem d'Alessandro Striggio

Partager

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *